L'Ademe vient de publier l'Enquête nationale Autopartage 2025 (ENA), réalisée auprès de plus de 7 000 usagers et d'un échantillon représentatif de 1 000 conducteurs français.
Premier enseignement structurant : un véhicule en autopartage en boucle remplace entre 5 et 7 voitures individuelles, libérant jusqu'à 1,9 place de stationnement sur la voirie publique. Pour les ingénieurs en charge de la planification des espaces publics, ce ratio constitue un argument de poids dans la redéfinition des normes de stationnement et l'optimisation du domaine public.
L'enquête recense six formes d'autopartage (boucle opérateur, résidentiel, entreprise, free-floating, location et partage entre particuliers) dont les usages et profils d'utilisateurs varient sensiblement. L'autopartage en boucle, le plus répandu, se concentre dans les grandes agglomérations, tandis que l'autopartage entre particuliers progresse dans les zones périurbaines et rurales.
Sur le plan du trafic, chaque véhicule partagé en boucle permet d'éviter entre 18 000 et 48 000 km/an en voiture. Les usagers réorientent massivement leurs déplacements domicile-travail vers le vélo (43 %) et les transports en commun (30 %), la part modale de la voiture tombant à 7 %. Ces données confirment la complémentarité entre autopartage et infrastructures cyclables ou transports en commun.
Le marché adressable est estimé à 5 millions de personnes, dont 3,5 à 4 millions de nouveaux usagers potentiels. Le principal frein identifié reste le manque de stations à proximité du domicile (53 % des répondants), ce qui pointe directement la responsabilité des collectivités et des aménageurs dans le déploiement territorial de l'offre.
L'enquête appelle à conjuguer développement de l'autopartage et régulation de la voiture individuelle en ville pour accélérer la transition vers une mobilité plus sobre et partagée.








