Selon une étude publiée par l'Institut Paris Region dans le cadre de la Stratégie locale de gestion du risque inondation (SLGRI, cycle 2023-2028), une crue centennale comparable à celle de 1910 menacerait directement plus d'un million d'habitants en Île-de-France et près de 555 500 logements, soit 9,2 % du parc régional.
La géographie de ce risque est fortement concentrée :
- Les vallées de la Seine et de la Marne regroupent à elles seules 93 % des enjeux humains.
- Le tronçon Seine centrale, entre Juvisy et Achères, totalise 69 % de la population régionale exposée.
- À l'échelle communale, Alfortville (Val-de-Marne) apparaît comme le cas le plus critique, avec la quasi-totalité de sa population — 45 350 habitants, soit 99,5 % — en zone inondable.
La densité du tissu bâti francilien aggrave le profil de vulnérabilité : 85,6 % des logements concernés sont collectifs. Près de 40 % d'entre eux sont soumis à un aléa fort à très fort, avec des hauteurs de submersion supérieures à 1 m, voire 2 m, et des durées d'immersion pouvant atteindre plusieurs semaines.
L'étude souligne également les limites des plans de prévention des risques inondation (PPRI) en milieu urbain dense : 84 % des 103 000 logements construits en zones inondables entre 2000 et 2022 l'ont été après approbation des PPRI.
Au-delà des zones directement submergées, les scénarios de crue cinquantennale font apparaître un effet amplificateur majeur : les fragilités des réseaux (électricité, eau potable, chaleur urbaine) exposeraient indirectement 474 000 habitants supplémentaires, portant l'impact cumulé à 633 000 personnes. Pour une crue de niveau 1910, ce chiffre grimperait à 1,7 million ; pour le scénario maximal étudié, à 2,36 millions, soit 19 % de la population régionale.








