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Le secteur des travaux publics traverse une zone de turbulences inédite depuis le premier confinement
Groupe Cheval

Travaux publics : double choc d'activité et de coûts en avril 2026

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Le secteur des travaux publics traverse une zone de turbulences inédite depuis le premier confinement. Selon le dernier Bulletin de conjoncture de la FNTP, l'activité recule de 4,8 % en un mois et de 11,5 % sur un an en volume en avril 2026, ramenant le secteur à son niveau d'août 2022. Depuis le début de l'année, le repli cumulé atteint désormais -7,9 %.

Deux facteurs se combinent pour aggraver la situation :

  • D'un côté, la demande s'effondre : les prises de commandes chutent de 15 % par rapport à avril 2025 et touchent leur point le plus bas depuis le printemps 2020. En cumul annuel, leur recul dépasse -17,9 %. Ce creux s'explique en partie par le cycle électoral municipal, qui comprime traditionnellement l'investissement local en année d'élections.
  • De l'autre, les coûts de production s'envolent : l'index TP01 progresse de 3,1 % entre février et mars 2026, une hausse supérieure à celle enregistrée après l'invasion de l'Ukraine en mars 2022, alimentée par les tensions pétrolières liées à la crise au Moyen-Orient.

Ce double choc se répercute directement sur l'emploi. Les heures travaillées par les ouvriers permanents reculent de 2,3 % sur un an, tandis que le recours à l'intérim s'effondre de 22,5 %. Les effectifs ouvriers enregistrent une contraction de 2,4 % sur la même période, signal d'un ajustement structurel qui s'accélère.

Le secteur aborde la phase post-électorale dans un contexte particulièrement dégradé : demande atone, pression inflationniste sur les intrants, marges budgétaires des collectivités locales sous tension. La reprise attendue après les municipales conditionnera en grande partie la trajectoire de l'activité pour le second semestre 2026.

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Revue RGRA