En mai 2026, le baromètre mensuel de la FNTP confirme une dégradation généralisée de l'activité du secteur. Le ralentissement attendu en année d'élections municipales s'avère plus précoce et plus marqué que lors des cycles électoraux de 2008 et 2014 : les travaux réalisés reculent de 9,3 % en volume sur un an, portant le repli cumulé sur douze mois glissants à 4 %.
Cette contraction intervient alors que les coûts de production s'envolent : l'index TP01 a progressé de 3,4 % en un mois en avril 2026, sa plus forte hausse mensuelle jamais enregistrée, portant la hausse annuelle à 7,3 %.
Les prises de commandes sont particulièrement touchées : le niveau des marchés conclus n'a jamais été aussi bas depuis au moins vingt ans, hors crise sanitaire. Malgré l'attribution de plusieurs lots de grands projets ces derniers mois, les marchés conclus chutent de 27,1 % en glissement trimestriel et de 15,8 % en glissement annuel.
Ce double choc, sur la demande et sur les coûts, se répercute désormais sur l'emploi : les effectifs ouvriers diminuent de 2,7 % sur un an, leur plus forte baisse depuis 2016, ramenant le secteur à son niveau de 2018. L'ajustement porte en priorité sur l'intérim : les heures travaillées par les intérimaires s'effondrent de 22,1 % sur un an, tandis que les heures totales travaillées reculent de 5 %.
Face à des perspectives économiques et géopolitiques toujours incertaines, la FNTP estime que le redressement du secteur dépendra de la capacité des acteurs publics et privés à relancer rapidement leurs investissements.








