Finances publiques locales : la Cour des comptes appelle à redéfinir la contribution des collectivités
Dans son rapport annuel publié le 9 juillet 2026, la Cour des comptes dresse le bilan financier 2025 des collectivités territoriales et de leurs groupements, et esquisse leurs perspectives pour 2026.
Le déficit des collectivités s'est réduit en 2025, à 9,3 Md€ en comptabilité nationale (-2,7 Md€ par rapport à 2024), mais reste élevé au regard du mandat 2014-2020. Les recettes de fonctionnement ont progressé plus vite que les dépenses (+2,3 % contre +1,4 %), portées par le rebond des droits de mutation. Les dépenses d'investissement ralentissent globalement (+2,2 % contre +6,8 % en 2024), avec une accélération du bloc communal à l'approche des municipales, tandis que régions et départements réduisent les leurs.
La situation financière globale reste favorable, l'épargne brute excédant largement les seuils d'alerte pour communes, intercommunalités et régions. Des disparités subsistent toutefois, notamment pour 5 300 communes, 100 intercommunalités et 16 départements sous le seuil critique de 7 %.
Pour 2026, le déficit pourrait diminuer de moitié, à 4,4 Md€, prévision fragilisée par l'incertitude sur les recettes fiscales, la remontée de l'inflation et le contexte géopolitique.
La Cour des comptes réaffirme la nécessité d'une contribution des collectivités au redressement des finances publiques (4,3 Md€ en 2025, 3,5 Md€ prévus en 2026), mais pointe ses limites : absence de trajectoire pluriannuelle, mesures peu cohérentes, répartition jugée inéquitable, péréquation insuffisante. Elle recommande notamment d'éteindre le dispositif DILICO et de moduler les transferts de l'État selon la capacité contributive de chaque échelon.
Ce diagnostic financier conditionne directement les capacités d'investissement des collectivités en matière d'infrastructures routières et d'aménagement urbain pour les prochaines années.







