La circularisation de l’économie est l’un des enjeux majeurs des décennies à venir, pouvant contribuer aussi bien à la diminution de nos prélèvements dans l’environnement, donc de nos impacts environnementaux directs, qu’à la diminution des émissions de gaz à effet de serre via la réduction des flux de matières premières et de déchets qu’elle doit entraîner.
Le secteur de la construction des routes est aussi engagé dans une trajectoire de déploiement de pratiques circulaires. La question de la réutilisation sur place de matériaux pour le génie civil n’est pas nouvelle, mais elle se généralise à un certain nombre de produits traditionnellement peu exploités, parfois naturels, parfois industriels (produits d’incinération de déchets non toxiques, laitiers, produits de déconstruction, terres et remblais, produits de dragage…).
Cette trajectoire pose des sujets d’échelles : si elle commence en effet au niveau d’un seul chantier (utilisation de déblais en remblais par exemple), elle peut également s’entendre à l’échelle de plusieurs chantiers (recyclage de granulats de béton produits par une déconstruction) et questionne l’organisation de cette circularité et la coordination entre les acteurs. On pense ainsi aux agglomérations qui se sont dotées de plateformes de recyclage des matériaux.
Par ailleurs, le déploiement de l’économie circulaire pose des questions techniques, liées à la faisabilité de la réutilisation, mais aussi des questions réglementaires, organisationnelles, économiques, voire logistiques.
Ce numéro de la RGRA laisse la part belle à différentes initiatives qui montrent qu’un réel mouvement d’ensemble est enclenché pour déployer l’économie circulaire dans le domaine de la construction des infrastructures de mobilité et en décliner les modalités qui permettent d’en tirer les meilleurs impacts : innovations constructives, labels pour qualifier des procédés ou encore structuration de filières de régénération de matériaux pour le génie civil, à partir de matériaux de déconstruction ou de déchets.







