La Banque mondiale a approuvé un programme pluriphasé de 1,12 milliard de dollars destiné à transformer le corridor Douala-Bangui, axe routier de plus de 1 400 km reliant le Cameroun à la République centrafricaine (RCA). Une première phase dotée de 525 millions de dollars sera lancée en priorité, ciblant la réhabilitation des infrastructures, la sécurité routière et les réformes d'entretien dans les deux pays ainsi qu'au niveau de l'Afrique centrale.
Le corridor est une artère commerciale stratégique : il assure plus de 80 % des échanges extérieurs de la RCA, pays enclavé fortement dépendant de cet accès à la mer. Pourtant, l'état actuel de la route pèse lourdement sur les économies locales :
- Les coûts de transport atteignent jusqu'à 270 dollars par tonne.
- Les délais de transit varient de 9 à 12 jours en conditions normales.
- 38 postes de contrôle ont été recensés sur le seul territoire camerounais, dont 17 impliquent des paiements informels.
Ces dysfonctionnements entravent les échanges, renchérissent les prix à la consommation et fragilisent la sécurité alimentaire des populations riveraines.
La phase 1 du programme mobilise 407 millions de dollars de la Bird et 18 millions de l'IDA (Association internationale de développement) pour le Cameroun, 90 millions de l'IDA pour la RCA, et 10 millions du guichet Grow de l'IDA pour la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale. Les investissements financeront :
- la remise en état de tronçons prioritaires aux normes de résilience climatique ;
- l'installation de stations de contrôle de charge à l'essieu ;
- le développement de centres logistiques et de voiries de desserte ;
- des réformes institutionnelles et de facilitation des échanges.
Les phases suivantes seront calibrées en fonction des résultats obtenus.








