Vous êtes ici

À Paris, l’ancienne gare des Gobelins, située dans le 13ᵉ arrondissement sous la dalle du quartier des Olympiades, devrait être transformée en « hôtel logistique urbain » dédié à la livraison du dernier kilomètre
Segro

Le sous-sol urbain, nouvelle frontière de l'ingénierie des villes denses

Partager la dépêche

Face aux crises climatiques et aux contraintes foncières croissantes, Paris et Barcelone font du sous-sol un levier stratégique de transformation urbaine. C'est la thèse que défend un rapport publié en mai 2026 par le think tank Terra Nova, signé par Rosina Vinyes-Ballbé, chercheuse à l'École d'architecture de Barcelone, et Jean-Louis Missika, ancien adjoint à l'Urbanisme de la ville de Paris.

Le rapport identifie trois axes majeurs d'exploitation du sous-sol :

  • Le premier concerne la résilience climatique : à partir de 3 m de profondeur, la température du sol reste stable entre 10 et 16 °C, une ressource thermique largement sous-exploitée. Paris dispose déjà du plus grand réseau de froid urbain d'Europe, qui s'étend sur plus de 100 km de canalisations souterraines et alimente 850 bâtiments.
  • Le deuxième porte sur la régénération urbaine : les deux métropoles regorgent d'espaces souterrains obsolètes (parkings désaffectés, tunnels routiers, gares de fret abandonnées) dont la reconversion représente un gisement considérable.
  • Le troisième interroge la connaissance du sous-sol lui-même. La thèse « Barcelona oculta » a produit la première cartographie complète du sous-sol barcelonais, révélant des opportunités spatiales insoupçonnées, notamment sous la Plaça Catalunya. Paris mène une démarche similaire avec l'appel à projets « Réinventer Paris 2 – Les dessous de Paris ».

Le rapport plaide pour une évolution des cadres techniques, juridiques et opérationnels afin d'accélérer la reconversion de ces espaces. L'enjeu pour les ingénieurs de l'aménagement : penser la ville non plus seulement en hauteur, mais en profondeur.

Consulter le rapport.

Revue RGRA