L'Autorité de régulation des transports (ART) publie son cinquième rapport multimodal sur le transport de voyageurs et de marchandises en France, portant sur les données 2024.
Le document met en lumière une tendance structurelle : la baisse des émissions du secteur des transports repose avant tout sur le report modal vers les transports collectifs, plutôt que sur la décarbonation intrinsèque de chaque mode. Sur la période 2019-2024, les émissions ont diminué de 7,4 % tandis que les volumes de déplacements ne baissaient que de 2,9 %. Ce découplage s'explique principalement par un transfert des voyageurs vers des modes moins émissifs.
Le ferroviaire s'impose comme le grand bénéficiaire de ces recompositions. Sa part modale a gagné 1,7 point entre 2019 et 2024, atteignant 10,9 % des déplacements en France métropolitaine. Sur les longues distances, la fréquentation ferroviaire a progressé en moyenne de 17,5 % par an entre 2020 et 2024, contre 8,5 % pour la voiture sur autoroute concédée. La voiture particulière et l'aérien domestique demeurent en retrait par rapport à leurs niveaux d'avant crise.
La qualité de service reste un levier déterminant. Si la réalisation de l'offre longue distance atteint 98,4 % en 2024 (en hausse de 1,4 point) et si la ponctualité s'améliore légèrement, les indicateurs restent inférieurs à ceux de 2019.
À l'échelle européenne, le train capte désormais plus de 60 % des voyageurs sur les liaisons directes de moins de quatre heures entre la France et ses voisins, soit une progression d'environ quinze points depuis 2019. Mais le développement international reste freiné par l'insuffisance des connexions transfrontalières face à un réseau aérien à la couverture géographique bien plus étendue.








