Canal Seine-Nord Europe : dérive des coûts, défis de financement et enjeux socio-économiques
La Cour des comptes et la chambre régionale des comptes Hauts-de-France publient un rapport sur le canal Seine-Nord Europe (CSNE), projet de 107 km intégré au réseau européen Seine-Escaut. Destiné à favoriser le report modal vers le fluvial et à renforcer l’hinterland des ports, ce chantier, initialement budgétisé à 4,5 Md€ en 2017, voit son coût grimper à 7,3 Md€ HT, avec une mise en service repoussée à 2032.
Le rapport souligne une gouvernance déséquilibrée, marquée par la domination des collectivités territoriales au détriment de l’État, cofinanceur majeur, et des fragilités opérationnelles (effectifs insuffisants, complexité organisationnelle). Les surcoûts (63 % de hausse) et le reste à financer (2,2 Md€) remettent en cause le schéma initial, nécessitant une révision urgente, notamment via des financements européens et une ressource affectée, sans garantie de couverture totale.
Les impacts environnementaux (eau, sols, carbone) et les incertitudes sur les ouvrages connexes, la modernisation de la batellerie et la coordination territoriale pèsent sur la valeur socio-économique du projet, déjà fragilisée par des hypothèses de trafic et de report modal peu étayées. La Cour des comptes appelle à actualiser les analyses et à sécuriser les ressources avant le pic de financement prévu en 2027-2028.







