Majors européennes du BTP : une croissance solide, mais des marges sous pression
Selon une étude du cabinet Mazars, le panel des 13 majors européennes du BTP, de l'énergie, de l'immobilier et des concessions (Vinci, Bouygues, ACS, Eiffage, Acciona, Strabag, Skanska, Webuild, Balfour Beatty, SPIE, FCC, Ferrovial, Mundys) affiche en 2025 une croissance d'activité de +7,4 %, généralisée à l'ensemble des acteurs. Mais après quatre années d'amélioration continue, le taux de marge opérationnelle recule pour la première fois depuis 2020 (-0,2 point), signe d'un changement de cycle post-Covid.
Le BTP reste le premier contributeur (55 % de l'activité, +7 %), pénalisé par la crise de l'immobilier (-12 %). L'énergie et les services poursuivent leur dynamique (29 % de l'activité, +7 %) avec une marge en hausse de 1,8 point, portée notamment par les quatre groupes français du secteur, qui représentent 77 % du chiffre d'affaires généré. Les concessions, elles, voient leur rentabilité chuter de 4,2 points sous l'effet de la hausse des coûts d'exploitation.
Les carnets de commandes progressent globalement de 7 %, mais la dispersion s'accentue fortement : plus de trente points séparent Strabag (+23,7 %) de Skanska (-9,5 %). L'international, qui représente désormais 65 % de l'activité des majors, s'impose comme principal relais de croissance face à des marchés domestiques contraints.
Sur le volet décarbonation, le Scope 3 concentre 88 % des émissions du secteur, confirmant la dépendance du BTP à sa chaîne d'approvisionnement. À l'horizon 2030, l'effort restant demeure conséquent : 36 % de réduction en moyenne sur les Scopes 1 et 2, 29 % sur le Scope 3. Les trajectoires restent toutefois très contrastées entre acteurs, entre groupes déjà avancés (Ferrovial, Vinci, Skanska, SPIE) et retardataires (ACS, FCC).
Début 2026, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ajoutent une incertitude nouvelle, renforçant la sélectivité des majors dans le choix de leurs opérations.







