L'activité dans la filière des matériaux de construction peine à redécoller en ce début d'année 2026. Selon la dernière Lettre mensuelle de conjoncture de l'Unicem, la production recule de 2,4 % sur un an en cumul janvier-avril pour les granulats, et de 3,1 % pour le béton prêt à l'emploi (BPE). L'indicateur global des matériaux s'établit à 84,2 (base 100 = janvier 2021), en repli de 0,3 % sur un an au premier trimestre 2026.
Cette contraction résulte d'une superposition de chocs : intempéries de janvier-février, tensions géopolitiques liées au conflit iranien, hausse des prix du pétrole et remontée des taux d'intérêt. Si un accord de paix irano-américain signé mi-juin a fait retomber le baril de Brent sous les 80 €, après un pic à 120 € fin avril, ses effets sur la filière resteront différés.
Dans le bâtiment, la dynamique de reprise enclenchée en 2025 marque le pas. Les mises en chantier de logements progressent certes de plus de 37 % en cumul depuis janvier par rapport à 2025, mais les 290 841 unités commencées sur un an restent 15 % sous la moyenne quinquennale. La solvabilité des ménages se dégrade sous l'effet de l'inflation (2,4 % en mai) et du resserrement du crédit.
Les travaux publics sont eux aussi en difficulté : selon la FNTP, l'activité a chuté de 11,5 % sur un an en avril, avec des commandes inférieures de 15 % à celles de l'an passé. La hausse des coûts de production (+3,1 % entre février et mars, indice TP01) aggrave la pression sur des marges déjà très contraintes.








